Les Vénus

Naturalis

Portraits d’incarnations protéiformes, tantôt femme, tantôt oiseau, tantôt virile, tantôt cygne, cette série NATURALIS embrasse l’étrange et le mouvant qui nous composent tous. Elle nous montre cette matière étrangère qui s’empare de nous. Fleurs, végétaux, serpents et araignées nous englobent, nous consument et nous consomment. Devons-nous lutter ? Pouvons-nous seulement le faire ?

Paradis perdu d’une Eve dont les fruits à portée de main peuvent devenir menace, cette mère nature vient nous entraver là où jadis elle nous portait et nous accompagnait. De l’enfantement à la tombe, du bourgeon à la fanaison, de la mère à la fille, tous ces passages ne prennent pas forme sans métamorphoses des tissus, des peaux et des substances. Ces mues successives laissent leurs traces, leurs coulures, jusqu’à ce que le cycle reprenne, jusqu’à ce que le serpent fasse peau neuve avant de l’abandonner de nouveau…

Cet Horus des temps moderne, cette femme oiseau, ne fait plus qu’un avec son double reptilien. Toujours lestée et entravée par la constriction de cet autre rampant, elle ne peut s’élever là où sa nature volatile voudrait l’emporter. De son corps noir et blanc seule sa tête chatoyante laisse émerger l’espoir de l’envol. Entre passé et avenir, entre ombre et couleur, entre corps et regard, c’est une lutte pour la vie qui s’opère ici. Tout s’étire, tout s’escalade, se transperce, tout tente de se libérer. Le dessin est la capture de ce moment de suspension. Sans sol ferme où poser ses pieds, comme une Vénus au-dessus des eaux, cette femme hybride flotte entre deux mondes, entre deux temps. Tout ne dépend pas d’elle, mais son élan est intact. 

Technique / 

Crayons

de couleur + feutres + graphite + transfert + aquarelle

 

Dimensions / 

40x60 cm

Année /  

2018